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Changement d’heure : quel impact sur les économies d’énergie ?

10 avril 2019

Le 31 mars dernier, la France, ainsi que la majorité des pays européens, ont une nouvelle fois changé d’heure pour passer à l’heure d’été. Dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31, à 2h du matin, il était alors 3h. Depuis des années ce changement fait débat dans l’hexagone.

 

Le concept de changement d’heure : son origine et sa mise en place

L’idée du changement d’heure remonte à 1784. C’est Benjamin Franklin qui présenta son intérêt. Il avait affirmé qu’en réveillant la population plus tôt en été, on pourrait économiser une forte quantité de chandelles et bougies. Le changement d’heure a été mise en œuvre une première fois durant la Première Guerre Mondiale. Il n’a été institutionnalisé en France qu’en 1975 sous le gouvernement de Valérie Giscard d’Estain en France.

À cette époque, le but était de faire des économies d’énergie dans un contexte de crise pétrolière. En effet, à l’origine l’idée du changement d’heure sert à faire correspondre au mieux les horaires d’activité et de consommation des populations avec les horaires d’ensoleillement, ceci dans le but de limiter les dépenses énergétiques, en particulier celles qui concernent l’éclairage et chauffage. Cette mesure fut adoptée dans presque l’ensemble des pays européens au début des années 80. Ce n’est qu’en 1998 que les dates du dernier dimanche de mars et d’octobre furent choisies pour harmoniser la mesure dans l’ensemble des pays.

                

                          Benjamin Franklin

Pourquoi fait-il débat ?

Depuis de nombreuses années cette mesure est le sujet de controverses multiples en France. En 1997 déjà, le gouvernement parlait d’annuler le changement d’heure. Beaucoup ne voient pas l’utilité du maintien d’une telle mesure et ce d’autant que depuis plus de 30 ans de nombreux pays l’ont déjà aboli : la Chine en 1991, la Russie et la Biélorussie en 2011 et plus récemment la Turquie en 2016. Outre les débats sur l’intérêt économique réel de sa suppression, son impact négatif sur les biorythmes humains est souvent mis en avant, en particulier pour les personnes âgées et les jeunes enfants.

Une consultation a été organisée sur internet durant l’été 2018, afin de connaître l’avis de la  population européenne. Le résultat est sans appel : 84 % des votants sur les 4,6 millions de participants, ont dit stop au changement d’heure. Tandis que le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, souhaitait voir la mesure abolie suite aux résultats du sondage, la France organisa un questionnaire citoyen pour prendre le pouls de sa population, mais le résultat fut identique : 83,71 % des répondants souhaitent mettre fin au changement d’heure, et 59,17 % préfèreraient garder l’heure d’été. L’arrêt du changement d’heure devrait être appliqué en 2021.

 

Des économies réelles mais très minimes !

D’un point de vue environnemental, on peut se demander quel est l’impact d’un tel changement. Si nous conservons l’heure d’été, comme le laissent suggérer les résultats des sondages, cette heure permanente nous demanderait plus d’efforts énergétiques, cela nous ferait augmenter notre consommation d’électricité et par conséquent, nous produirions plus de CO2, ce qui est loin d’être idéal.

Aujourd’hui, avec cette solution, le dégagement de 44 000 tonnes de CO2 serait évité tous les ans selon le Ministère de l’Ecologie.  Si les économies d’énergie restent bien réelles avec le changement d’heure, elles sont cependant peu significatives aujourd’hui. Suite à des recherches statistiques réalisées par le Parlement Européen, on constate que les économies réalisées représentent entre 0,5 et 2,5% selon les pays. Autre étude notable, cette fois-ci demandé par l’ADEME en 2009 : l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie a calculé que les gains en matière d’électricité représenteraient seulement 440 GWh, soit environ la consommation de 800 000 familles en 2009. Or 10 ans plus tard, ce chiffre ne représenterait plus que 351 GWh, et l’ADEME prévoit que ce gain baissera encore en 2030 avec seulement 340 GWh économisés.

Cette baisse s’explique facilement avec l’amélioration globale de la performance énergétique des équipements comme celle des dispositifs d’éclairage du type LED.