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Démission de Nicolas Hulot : Que va-t-il se passer pour la rénovation énergétique ?

04 sept. 2018

C’est une grande surprise, personne ne s’y attendait : le mardi 28 août, Nicolas Hulot, Ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, a annoncé sa démission du gouvernement. C’est François de Rugy qui vient d’être nommé pour prendre sa relève. Alors qu’en est-il des différentes mesures pour le développement de la transition énergétique que Nicolas Hulot avait mis en place au cours des quinze derniers mois ?

Le Plan pour la rénovation énergétique des bâtiments

Nicolas Hulot avait annoncé au début de l’année un grand programme sur cinq ans qui devait booster la rénovation énergétique des bâtiments. Celui-ci devait notamment permettre de rénover 500 000 bâtiments par an, une promesse d’Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle. Néanmoins, Nicolas Hulot a affirmé lors de la déclaration de sa démission, que cet objectif n’était pas accessible pour le moment, à l’heure où les aides à la rénovation ont diminué de moitié. « On veut rénover 500 000 passoires thermiques (par an). Or, on a baissé de moitié les moyens pour rénover ces bâtiments ». Par ailleurs, selon l’Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), on atteint aujourd’hui difficilement les 300 000 rénovations par an.

 

Le bonus-malus pour les logements

C’était une mesure phare qui avait fait beaucoup de bruit à la fin de l’année dernière : Nicolas Hulot souhaitait mettre en place un bonus-malus pour récompenser (ou sanctionner dans le cas contraire) les propriétaires qui réaliseraient la rénovation énergétique de leur bien immobilier. Ceci avait pour but d’accélérer la rénovation des 7 à 8 millions de bâtiments énergivores en France. Le principe était d’ajuster la taxe foncière ou les frais de notaire par rapport au diagnostic de performance énergétique effectué pour la vente du logement. Donc si un propriétaire engageait des travaux de rénovation tels qu’une isolation thermique ou l’installation d’un chauffage moderne et neuf, il payerait moins d’impôt. Cependant, cette mesure n’était pour le moment restée qu’au stade de projet et il semblerait qu’elle soit définitivement abandonnée sans le soutien de Nicolas Hulot. D’autant plus que de nombreuses personnes, dont l’Union Nationale des Propriétaires Immobiliers, s’étaient prononcées contre cette mesure jugée punitive pour les propriétaires et copropriétaires.

 

Les professionnels alertent !

De son côté, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) a montré ses craintes face à la démission de Nicolas Hulot. En effet, elle incite le gouvernement à conserver ce programme de rénovation énergétique pour que la France puisse tenir ses engagements pris durant la COP21. La FFB souhaite venir en aide au gouvernement pour que « le Plan de rénovation des bâtiments soit finalisé et débouche, au plus vite, sur l’engagement d’un important volume de travaux véritablement efficaces ». En parallèle la Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) s’est elle aussi exprimée sur son compte Twitter en déclarant : « Le départ de Nicolas Hulot ne doit pas remettre en cause les engagements du gouvernement en matière de rénovation énergétique, enjeu majeur pour lequel les artisans du bâtiment continueront de se mobiliser ».