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La sécurité des infrastructures en France

10 sept. 2018

Suite au drame qui est survenu le 14 août dernier à Gênes en Italie avec l’effondrement du Viaduc Morandi causant la mort de 43 personnes dont 4 français, on peut s’interroger sur l’état des infrastructures en France et si un tel évènement pourrait se produire dans notre pays.

 

Le Viaduc Morandi en Italie, qui s’est effondré le 14 août 2018

 

A-t-on connu de tels drames en France ?

Malheureusement, l’Italie est loin d’être le seul pays à connaître ce genre d’évènement. De nombreux pays ont déjà eu affaire à de tels incidents : en septembre 2006, le Viaduc de la Concorde au Québec s’est effondré et a provoqué la mort de 5 personnes et blessant 6 autres ; en août 2007, le Pont de Minneapolis, qui traverse le Mississippi aux États-Unis, s’est écroulé pendant une heure de trafic dense causant la mort de 13 personnes et une centaine de blessés. En France, deux dates peuvent être retenues : en mai 1978, un automobiliste survit de justesse à l’écroulement du pont de Wilson à Tours. Par chance, il n’y avait personne d’autre sur le pont. En janvier 1985, la chute du Pont de Sully-sur-Loire dans le Loiret a fait 6 blessés. 

 

Le Pont Wilson aujourd’hui reconstruit

 

Quelles sont les causes ?

Le principe reste le même que pour les bâtiments et immeubles en ville. La vétusté de la structure, la pluie et le froid entraînent la corrosion des boulons, des câbles détendus par le vieillissement, des poutres fissurées par la pression, un béton déformé : tels sont des exemples montrant la fragilité des infrastructures. Ce fut par exemple le cas en 1985 pour le pont de Sully-sur-Loire : les températures extrêmement froides avaient atteint les -20 ° C et ont fragilisé les câbles en acier qui ont cassé.

Il faut aussi prendre en compte la circulation plus ou moins intense sur ces ponts. Le trafic autoroutier a considérablement augmenté depuis les années 70, période qui a vu une hausse des constructions de ponts sur le territoire français. Si l’on prend l’exemple du Viaduc de Calix situé dans le Calvados, qui fut inauguré en 1975 : plus de 80 000 véhicules le traversent tous les jours, ce qui entraîne de nombreuses vibrations accélérant la fragilité de la structure. Néanmoins, pas d’inquiétude pour le Pont de Calix qui est très surveillé : en plus des obligations de diagnostic imposés par la loi, il subit une visite minutieuse supplémentaire tous les six ans, dont la dernière date de juin 2018.

Le Viaduc de Calix lors de son inauguration le 13 décembre 1975

 

Que dit la loi ?

L’écroulement du pont de Tours en 1978 a provoqué un effet de « bombe ». Des mesures d’urgence furent prises par le gouvernement pour modifier les normes légales de l’époque. Aujourd’hui, la loi exige une surveillance complète de tous les ponts et structures urbaines. Un contrôle de sécurité doit être mené une fois par an, et une inspection approfondie, réalisée par des ingénieurs des ponts et chaussées, doit être faite tous les trois ans. En 2018, près de 100 millions d’euros, ont été ajoutés au budget consacré à la surveillance et la rénovation du réseau national routier.

 

Quid de la sécurité des infrastructures françaises ?

Le risque d’incident n’est pas pris à la légère et les infrastructures urbaines sont régulièrement inspectées et bien souvent mises hors service pour une rénovation complète et une mise aux normes de sécurité. Le plus célèbre des ponts français, le Viaduc de Millau est inspecté régulièrement, avec l’aide de capteurs et de drones pouvant vérifier de nombreux détails. Par ailleurs, il est surveillé 24h/24 par des caméras et un poste de contrôle situé à proximité du pont. Sur le pont de Normandie, culminant à 215m d’altitude et long de plus de 2km, ce sont également 18 caméras qui ont été installées dans le but d’améliorer le repérage des incidents.

Néanmoins, un récent rapport du Ministère des Transports indiquerait que sur les 12 000 ponts présents sur le territoire, près de 30 % auraient besoin de rénovations et plus de 7 % présenteraient des dommages sérieux qui pourrait entraîner un possible écroulement de la structure. Au total, ce sont 840 ponts qui deviennent une cible prioritaire pour le gouvernement.